Manon fait du triathlon

Le jour J se rapproche, direction Décathlon pour s’acheter un sac à dos conséquent, pour un week-end qui s’annonce haut en couleurs et en émotions. Et oui, on ne peut plus reculer, le 2 juillet arrive, on s’en va pour Le Mans, pour notre premier triathlon

La veille

Nous avions décidé de faire notre premier triathlon en petit comité, et pour tout vous dire, on ne le regrette absolument pas. En effet, nous n’avions pas envie de s’essayer à cette discipline lors d’une épreuve trop grand public type ; le Garmin Triathlon de Paris, ou le Triathlon de Deauville. Nous voulions faire notre premier triathlon dans d’excellentes conditions, et dans un cadre plus minimaliste. Et ce fût la première meilleure idée du monde que nous ayons eu !

9h05, départ pour le Mans, sac à dos sur le dos (évident) et on roule sur nos vélos, au préalable révisés pour avoir 2 vrais bêtes de courses pour la partie cycling 🙂
Une chose est sûre, et pour ne pas vous mentir, nous n’avions plus que le mot TRIATHLON à la bouche, nous avons passé les 2h30 de trajet à évoquer toutes situations éventuelles que nous allions certainement vivre, mais ça nous faisait vibrer! Depuis le temps que nous attendions ce jour.. Pour être totalement transparente je sentais en moi le stress se développer de plus en plus, mais le calme de Lorena me permettait de redescendre.

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Enfin arrivées !

Je découvre Le Mans pour la première fois, on conjugue encore une fois de plus ;  sport et découverte, trés bon accueil dans la famille de supporters, et tout le stress disparait, parler de tout sauf de demain, c’était la solution !
Direction la deuxième bonne idée de Lorena : Aller voir le triathlon XS qui se déroule le samedi après-midi, afin d’appréhender au mieux l’épreuve du lendemain. Et encore une fois good idea, cela nous a permis de décoincer pas mal de questionnements en nous, notamment sur le parking à vélo, l’organisation, le départ à la nage, le parcours de la nage, les transitions, et pleins d’autres choses encore. Le stress est tout de même remonté, en voyant les petites jeunes de 15/16 ans inscrites dans un club qui dépotent comme pas possible. Mais c’était beaucoup plus clair pour nous après cela. Petite séance de Balnéo pour détendre le tout, petite balade dans le coeur du vieux Mans, et la journée était bouclée. Un bon gros plat de pâtes et au lit !

RACE PACK READY !

La veille au soir a été pour moi trés difficile, grosse remise en question, gros stress, c’était la première fois pour moi que j’effectuais un gros challenge loin de mon entourage et de ma team de supporters habituelle, et j’angoissais, mais heureusement j’étais trés bien entourée et Lorena a su trouver les bons mots pour me faire oublier tout ça. Je me disais :  » Manon tu ne vas pas y arriver, tu ne vas pas le faire, tu ne vas pas prendre le départ, tu vas abandonner ». Finalement un grand classique pour moi les veilles de courses, je me sens totalement désemparée..
Couchées tôt, réveil aux aurores, on était enfin prêtes pour la matinée qui nous attendait !

Réveil 6h15, Le Mans s’éveille.

Notre départ était initialement prévu pour 10h, mais mieux vaut être en avance qu’en retard, il fallait retirer les dossards sur place, nous étions prévoyantes, à 8h nous étions sur les lieux, le ciel était gris, nous appréhendions la pluie, nous étions fin prêtes pour affronter ce fameux triathlon, tant redouté.
Troisième bonne idée du week-end : On fait se triathlon aux sensations, on ne met pas nos montres, on vit ça à fond, qu’importe le temps.
Dossards récupérés, puces récupérées, numéros de dossards écrit au marqueur sur le mollet et le bras, étiquette accroché sur l’arrière du vélo.

Le parking à vélo ouvre ses portes

9h, les juges ouvrent le parking à vélo, suite à notre reco de la veille nous savions comment procéder, et par grande chance, nous avions les box côte à côte dans le parking, parfait pour vérifier l’une et l’autre le racepack. Vraiment rien à dire, tout se déroulait à merveille, comme prévu, comme voulu, nous faisions ce triathlon : ENSEMBLE. Tout était prêt, la vaseline étalée partout sur les poignets et les chevilles, la combinaison enfilée par dessus la puce, le vélo prêt avec le casque et le porte dossard sur le guidon, la bouteille d’eau si nécéssaire lors des transitions, les baskets, les chaussettes (et oui, pas de pédales auto)

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Ça y est, on ne peut plus reculer il est 10h, l’heure du départ.

#1 : Natation – 750 mètres – Le DRAME

Départ dans l’eau, les femmes partent 5 minutes avant les hommes, nous avons des bonnets verts fluo, l’eau est plûtot froide, contente de m’être fait prêter une combinaison, c’est dans une rivière, je suis stressée, on doit marcher un bon petit kilomètre avant d’atteindre le point de départ, pied nus, la pression monte, on y est, on ne peux plus reculer. Pour la petite anecdote, on parle de tout et de n’importe quoi sur le chemin, je raconte une histoire totalement dénuée de sens à Lorena dont je pense on s’en souviendra toujours 🙂  (#privatejoke)
On rentre dans l’eau, on nage jusqu’à la ligne de départ, on est côte à côte, on s’est dit :
« Chacune fait à son rythme, on se retrouve à l’arrivée, good luck, on est des championnes  »
J’arrive à la ligne de départ, le coup de canon part 1seconde après, je cherche Lorena elle est encore la tête sous l’eau : MINCE !

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Je m’élance pour les 750 mètres, et la c’est le drame, après mon deuxième mouvement de bras, je panique, je ne vois rien sous l’eau, je ne connaissais pas cette sensation, je ne m’étais jamais entrainée dans de telles conditions, mon coeur s’emballe. Je ne sais plus nager, je n’avance plus, je n’arrive plus à respirer. Ce récit ressemble à un filme d’épouvante, mais c’était le cas. La natation pourtant ma discipline de prédilection, devenait mon pire cauchemars, je recommençais à nager, mais rien à faire, dès que je mettais la tête sous l’eau je paniquais. Je me voyais de l’extérieur nager comme un petit chien, puis nager la brasse, puis essayer le dos, pour me calmer, mais rien n’y faisait. Et c’est à ce moment là que je me suis dit, « Manon rejoins la berge et abandonne, tu vas te noyer ». Mais d’un autre côté, je voyais Lorena avancer juste devant, j’entendais sa famille m’encourager à pleines voix, et c’est là que je me suis dit continue, tu regretteras d’abandonner. J’ai persévéré, dans la souffrance, et la crise de panique, puis je me suis arrêtée, net, je me suis mise droite, et la d’un coup, je me suis rendue compte que j’avais pieds, et mon coeur s’est immédiatement calmé… Bon il me restait quoi ? 200 mètres à faire, mais j’ai voulu les faire, 550 mètres de calvaire, contre 200 mètres de nage « sereine » quel dur métier… ahah

Résultat des courses : 15″37 pour les 750 mètres. Pas si dégeu que ça, mais une belle grosse claque personnelle, moi qui misait tout sur la natation, et bien non ma pauvre Lucette, ça a été la pire des 3.

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#2 : Transition 1 : 01″55


Un des moments tant redouté : la transition natation > vélo, mais finalement non, j’étais tellement contente de retrouver la terre ferme, et pour dire vrai, j’ai des black-out total sur mes transitons, trop concentrée à ne rien oublier, je n’ai presque aucun souvenir. Les seuls ? Sortir de l’eau, demander aux supporters si Lorena va bien, courir, retrouver Lorena, le speaker qui nous parle, nous encourage, nous félicite, les encouragements de Lorena, et nous revoilà parties sur nos vélos !

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#3 : Vélo – 21km – Roule ma poule

Je n’avais pas de tri-fonction, juste mon cuissard sous ma combi, partie de rire, ma peau de chamois imbibée d’eau, s’est essorée lorsque je suis montée sur mon vélo. Je ne faisais clairement pas « pro », mais comme je vous ai dit, j’étais tellement contente de retrouver la terre ferme, que la partie vélo a été un réel plaisir, Lorena avait reconnu le parcours le week-end d’avant, tel un vrai directeur sportif elle m’avait prévenu de toutes (enfin presque 🙂 ) les montées, les passages difficiles, et les descentes. Enfin bref, trés bonnes sensations, un peu les cuisses qui tirent mais rien de bien méchant, 21km de kiff, de trés beaux paysages, des concurrents plus que solidaires, et encourageant, qui me faisait un petit signe ou un petit mot lorsque qu’on se croisait (pour ne pas dire, lorsqu’ils me doublaient)

Résultat des courses : 52″05 pour 21km de vélo.
Leçons à tirer : apprendre la gestion des virages !

PAS DE PHOTOS POTABLE DE MOI SUR MON VÉLO SORRY ! 😉

#4 : Transition 2 : 00″39 – Rapide comme l’éclair

Descendre de mon vélo et courir = avoir les mollets qui ne répondent plus, tels du coton, de la barbapapa, ou de la guimauve, et à la limite de poser un genou à terre, car impossible de courir. ahah c’était bien drôle ce petit moment.

#5 : Course à pied – 5km – Premières vraies crampes de toute ma vie !

Transition rapide, ravitaillement ok, départ pour 5km de course. Des crampes terribles dans les mollets, je n’avais jamais connu cela. Impressionnant ! Mais j’avançais, à l’allure d’un escargot, enfin ce que je pensais. J’avais l’impression d’être collée au sol. Mais je continuais, c’était la dernière étape, j’allais finir ce fichu triathlon ! Un parcours trés intéressant, en vue des chemins de cross, rien de plat, rien comme les quais Parisiens, non, c’était plus du genre : Le trail de mon patelin dans le sud ! Sans montre, je ne savais ni mon allure, ni la distance parcourue. Juste ravie de trouver un ravitaillement en plein milieu, et comme une idiote je sors : Mesdames, si vous êtes la, c’est que j’en suis à la moitié pas vrai ? (#teubéééééé)
Et la, le summum du summum, du summum de mon triathlon, à un passage où le parcours se croise, sur qui je tombe : LOLO ! Un coup de boost terrible, je recharge les batteries au max, on se tape dans la main, on sourit comme des idiotes, on s’encourage en hurlant que nous sommes fières mutuellement, et grâce à ça, je termine mes derniers kilomètres avec la patate !

Résultat des courses : 28″40 les 5km de cross !

Je vois la ligne d’arrivée, je commence à m’embuer de larmes, puis je vois Lorena sautiller comme un cabris à m’attendre juste derrière la ligne,j’ai encore plus le coeur qui bat, je donne un gros coup d’accélérateur, le dernier de ce triathlon, je l’ai fait, je veux la rejoindre, je pleure encore plus, je passe la ligne, le speaker dit mon nom, je regarde Lorena, je regarde le chrono : 1heure38 ! Moi qui pensais faire plus de 2heures, je pleure encore plus. Je suis si fière d’elle, fière moi, on l’a fait, on est triathlète ! On l’a fait ensemble de la préparation à la course, on s’est soutenues, on s’est entraidées, c’était parfait, c’était magique, et c’est grâce à elle qui m’a embarqué dans ce challenge de fou !

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Pour résumer :

  • Merci Lorena de m’entrainer avec toi dans tous ces challenges et ces expériences et surtout de partager avec moi de la sorte !
  • Ne pas être trop sûre de soit, style la natation pour moi
  • Ne rien abandonner, même si l’envie y est
  • Mon binôme est juste trop ouf, et avoir fait ce triathlon à 2 était la meilleure chose au monde
  • L’avoir effectué au Mans était aussi une excellente idée pour un premier
  • L’avoir fait sans montre était encore une meilleure idée
  • L’émotion finale restera a jamais gravée dans ma mémoire
  • Merci à la team de supporters sur place
  • Investir dans une tri-fonction serait un plus

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Retrouvez également le compte rendu du ressenti de Lorena : ici
Capture d_écran 2017-05-16 à 17.08.49
Manon Gln
@_happymanon
Tri | athl | ete

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