« C’est dans la tête ! » Compte-rendu de mon 2ème Triathlon

On me demande souvent pourquoi je fais tout ça ? J’avoue parfois me poser moi-même la question et puis il suffit d’une course, d’une ligne d’arrivée et on retrouve toute nos réponses.

Samedi  26 août 2017

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4h30 « Mais pourquoi est-ce qu’on s’impose tout ça ? »

Date que j’ai longtemps attendue, après mon premier triathlon S au Mans je n’avais qu’une envie recommencer ! Alors pourquoi ne pas tenter d’allonger la distance ? Le triathlon de Chantilly tombait à pic puisqu’il proposait une épreuve entre le S et le M : 800m de natation, 40km de vélo (finalement c’était 43km…) et 8km (finalement 9km) de course à pied pas trop loin de Paris… Bon on s’est quand même levé à 4h30 et autant vous dire qu’après une semaine en Corse à dormir à la belle étoile et à faire 5-6h de sport par jour, j’ai un peu beaucoup manqué de sommeil … Heureusement il y a l’adrénaline et les copains qui sont là !

triathlon de chantilly

7h20 « Sinon on peut juste aller visiter le Château, non ? »

On arrive au Château de Versailles sous un brouillard bien épais, ça donne une autre dimension à l’événement on se croirait presque dans un film. On déjeune tranquillement à la voiture en vérifiant que nos vélos n’ont pas été déréglés pendant le transport.

On prend le soin de continuer à bien s’hydrater, l’heure de départ nous parait si loin et en même temps si proche ! On récupère nos dossards, nos autocollants, les bonnets correspondants à nos vagues de départ. La pression monte progressivement.

8h15 «  On est d’accord le brouillard, il ne va pas rester ? »

triathlon chantilly

On sélectionne nos affaires, on colle les autocollants, on enfile le casque, la puce à la cheville gauche et on se rend sur le parking de transition pour préparer nos affaires. J’adore l’ambiance sur les espaces de transition. Il y a ceux qui ont leurs écouteurs, qui s’échauffent en silence, concentrés. Il y a ceux qui sont avec leur bande de potes, qui rigolent et posent toutes les questions possibles aux arbitres. On est tous différents mais on est là pour la même passion, je trouve ça beau, surtout avec le brouillard et le château en fond.

Je commence à préparer mes affaires :

  • Serviette au sol
  • Chaussures vélo détachées avec une chaussette dans chaque
  • Chaussures de running derrière
  • Gourde pour boire dans la transition
  • Ravito au sol
  • Casque vélo et porte-dossard sur le vélo pour ne pas les oublier (certains ont fait la natation avec le dossard sous la combi, au Mans ça nous était interdit).

8h30 « C’est bon, je suis prête »

J’applique de la vaseline (oui oui) sur mes chevilles, genoux, poignets et au niveau du cou pour faciliter ma transition. Je mange une dernière barre de céréales, je vérifie tout une dernière fois et je copie sur les voisins pour vérifier que j’ai rien oublié, je visualise les entrées / sorties de chaque transition, j’enfile le bas de ma combinaison, je laisse mon sac et me dirige au départ de la natation pour le briefing. Let’s go.

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8h45 – « Où sont les femmes ? »

On découvre le bassin, le brouillard est toujours bien présent, les repères vont être difficiles à trouver.  Ce n’est finalement pas un T qu’on va faire mais 2 fois 2 aller/retours en ligne droite. Le briefing est terminé, on se met à l’eau. Je me positionne à droite, je sais que la distance sera plus longue mais étant dans la 1ère vague je préfère nager à ma façon que de subir l’effet machine à laver.

Aavant le départ, je me force à mettre la tête sous l’eau, faut que je m’habitue à cette eau, à ces algues, à mes pieds dans la vase… On m’avait prévenu que ça n’allait pas être agréable mais ça fait partie du challenge.

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9h00 – « C’est quoi cette odeur ? »

Le départ est donné, ça part à fond ! J’essaye d’éviter les coups et de trouver ma place et mon rythme. Au début je respire tous les 2 temps, histoire d’avoir assez d’air puis je me calme et trouve mon rythme en respirant tous les 3 temps. J’ai du mal à me repérer, c’est vraiment mon plus gros défaut et le brouillard n’arrange rien… On arrive au bout de la première ligne, place au virage. Serré, très serré. J’essaye de rester sur l’extérieur pour ne pas être trop gênée mais le couloir imposé par les kayaks est trop étroit. Les nageurs se mettent en brasse, certains se mettent à marcher…  Impossible d’avancer, il y a les algues qui se prennent dans nos bras, c’est désagréable, j’ai l’impression que ce virage dure une éternité.

On essaye de repartir, mais l’eau est toujours aussi trouble, impossible de tendre les bras sous l’eau sans attraper des algues ou toucher la vase… Du coup je nage les coudes pliés ! C’est quand je reprends une nage « propre » qu’on arrive au second virage, même scénario… Obligée de nager en brasse pour éviter les autres… Je m’agace toute seule, j’ai envie que ça se termine. J’essaye de me focus sur mes mouvements, sur les conseils qu’on m’a donné, ça va mieux, je prends finalement goût à ce que je fais. J’ai enfin trouvé mon rythme. On attaque la dernière ligne droite, j’accélère, je suis bien, prête à sortir de l’eau !

Natation 800M - 20min02

9h20 – « Et c’est Lorena Rondi de Ramène ta Fraise qui arrive dans l’air de transition»

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Je sors de l’eau, contente d’en avoir fini avec cette épreuve et là patatra, ce sont des escaliers qui m’attendent ! Pas le choix faut quand même enlever le haut de sa combinaison et courir mais plier les jambes avec une couche de néoprène c’est encore un autre délire ! J’arrive dans l’air de transition, je me sens claquée, je prends le temps de boire, j’enfile mes chaussures de vélo et je cours  pour sortir.

Transition 1 - 3 min 56

9h24 « Eh tu crèves pas hein ? J’ai besoin de toi ! »

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Ca bouchonne à la sortie, le passage est étroit et le temps que tout le monde enfile ses pédales auto, difficile d’avancer ! Le premier km est compliqué, on roule sur un chemin avec des cailloux, certains sont déjà sur le côté à changer leur chambre à air… Je suis concentrée sur le sol pour repérer les endroits les moins accidentés.  Dans ma tête je parle à mon vélo, j’ai pas envie de m’arrêter là ce n’est que le début…

Finalement ça passe on arrive sur la route, je remets en place mon dossard et ne sais pas comment je fais tomber ma barre… Merde, il ne me reste qu’un gel pour les 43km. Les 10 premiers km sont compliqués, le brouillard est encore présent, j’ai pas vraiment de visibilité sur les autres concurrents. Je me fais doubler par 2 filles, j’essaye de les suivre mais j’ai les cuisses qui tirent (un gros manque de récupération…). Tant pis je reste à mon rythme, je sens que ça va être long… Et puis le brouillard se lève, les jambes sont bien échauffées je retrouve de bonnes sensations, de très bonnes sensations. On a ceux du S qui nous rejoignent, ça me motive, ça donne du rythme. J’accélère, le parcours est roulant, j’en profite pour prendre mon gel, je rattrape progressivement du monde, de quoi m’encourager à garder le rythme. Même les 2 filles du départ, je me sens poussée des ailes !

Les 25 derniers km se passent comme ça, un plaisir, un régal ! J’arrive à profiter de l’instant, de ce que je suis en train de vivre mais je pense à ma future transition. Je m’oblige à finir mon bidon, j’ai peur des crampes… Je laisse les jambes dérouler sur le dernier km de toute façon on retrouve le sentier qui ne laisse pas place à la vitesse. Je retrouve mes supporters, ça me fait du bien ! Je sais que le plus gros est fait même si ce n’était pas surement pas le plus difficile.

vélo 43km -  1h35

10h59 « Où est ma bouuuuffe ? »

J’arrive à l’aire de transition, je trouve pas mon ravito car d’autres participants ont posé leur combinaison sur mes affaires. Je me dis que ça sert à rien de perde du temps, que j’aurais un ravito sur le parcours…. Erreur. Nous avons eu que de l’eau.

Transition 2 - 2 min 47

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Je démarre la course sous les encouragements, ça me motive, je sens dès le départ que ça va être difficile. Je n’ai plus d’énergie, le terrain n’est pas plat et j’appréhende énormément à cause de ma cheville que je me suis foulée la semaine précédente (heureusement elle a tenu !). Dès les premiers km les gens comment à marcher… Je prends soin d’aller boire aux ravitos, mes muscles sont contractés mais pas de crampes. Les 4 premiers km passent même si dans ma tête je fais déjà le décompte. Après ça se complique, je subis chaque pente, chaque difficulté. J’ai besoin d‘un repère, d’une personne à aller chercher mais les seules personnes que je croise sont soit celles que je double soit celles qui réalisent leur premier tour et qui vont plus vite.

A partir de ce moment, je sais que je vais la finir au mental, je n’ai plus d’énergie. Tellement de pensées traversent mon esprit, j’essaye de trouver de la force où je peux, heureusement je reçois des encouragements de dingue (merci merci merci !)  j’arrive pas à quitter le sourire même dans la souffrance. Sur ma montre je me rapproche petit à petit de 8ème km, mais là grande question, où est la ligne d’arrivée ? A quel moment je dois changer de trajectoire ? Comment ils vont savoir si c’est mon premier ou mon second tour ? Je suis frustrée, j’ai envie d’accélérer mais je n’ai pas d’objectif de distance puisque je ne sais pas ce qu’il me reste.

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Photo by Camille

Je me fais doubler par une fille, je réalise finalement que la ligne d’arrivée est à 50m, je m’élance alors en sprint, je sais pas d’où me vient cette énergie mais je comprends que j’ai finalement trouvé ce que je cherchais: en me doublant elle est en train de me donner l’adrénaline qui me manquait. Je tiens l’allure, je me sens tellement bien. J’aurais envie de dire qu’on fait tout ça pour ce moment-là, celui où on franchit la ligne d’arrivée mais en fait ce serait trop restrictif, on passe par tellement d’émotions, on se surprend, on en apprend sur nous-même, on se renforce.

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Photo by Bernascom

C’est indescriptible.

Alors même si j’ai souffert, même si ça n’a pas été qu’une partie de plaisir. Bon sang ce que j’ai aimé !

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Run 9km - 51min30

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Lorena Rdi

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