J’ai toujours du mal à me considérer comme une triathlète, je pensais que j’aurais le déclic une fois inscrite en club mais non. Je pense que c’est le mot « athlète » qui me gêne et que je réserve qu’à l’élite,alors que pourtant qu’est-ce que je l’aime ce sport. Oui je parle bien d’ UNsport, ce serait une erreur de croire qu’il y en a 3.

Je ne suis pas cycliste

Je ne roule pas en peloton, je ne sais pas drafter, je monte des cols SEULE et j’ai même rajouté des prolongateurs sur mon vélo.

Je suis encore moins nageuse

Je ne sais pas faire de culbute à la piscine, je me noie quand j’essaye de faire le papillon et je fais des temps pourris en entraînement parce que je m’ennuie dans un bassin.

Je suis de moins en moins runneuse

Parce que ce n’est pas facile de se faire 3 sorties running par semaine quand il y a les autres entraînements à caler (et tout le reste !). Ma foulée n’est pas propre, je cours avec les jambes souvent lourdes de la sortie du matin ou de la veille ; Et surtout je cours seule car je dois connaître mes allures et mes zones par cœur, sans avoir besoin d’un meneur d’allure.

Par contre j’aime l’euphorie des départs

Ce bruit qui retentit puis cette course jusqu’à l’eau. Ce sentiment de faire partie de cette masse qui va se jeter dans la nature, contre cet élément que l’on ne maitrise et ne contrôle pas, subissant les vagues, le courant ou les algues. J’aime ce moment où je trouve mon rythme, que je calme ma respiration, que l’excitation laisse peu à peu place à une maîtrise de son effort où on se coordonne pour à la fois respirer, avancer, éviter les coups et regarder où l’on va.

Il ne s’agit plus de suivre la ligne au fond du bassin, c’est ta propre ligne que tu suis.

J’aime également ce retour à la réalité

Je vis toujours la partie natation dans ma bulle. Il n’y a pas d’encouragement ou de mots échanger avec les autres, chacun avance dans son silence. Alors quand d’un seul coup tu sors de l’eau et que tu entends tous ces cris, toutes ces personnes autour,imagine toi l’émotion. T’es un peu déstabilisé, ton corps a été longtemps à l’horizontal et tu lui demandes maintenant de courir pieds nus, avec une combinaison remplie d’eau qui te gêne. Mais ça aussi, ça s’apprend.

Tout comme rouler, avec une trifonction trempée en attrapant les gels qui ont parfois déjà chauffé au soleil. J’aime faire des triathlons où le parcours vélo me plait, où les kms passent vite où je ne suis pas à me dire« punaise vivement que ça s’arrête ».

Parce que j’aime cette partie, j’aime me dépasser, me brûler les cuisses, me cramponner au guidon dans les cols, faire monter mon cœur en position de danseuse, ouvrir le genou dans les virages en descente, me poser sur mes prolongateurs et baisser la tête comme si plus rien ne pouvait m’arrêter (pas même le vent de face).

Et puis il y a ce moment où je dois quitter mon vélo

Où j’ai l’impression de courir dans un corps qui n’est pas le mien, mes sensations sont complètement faussées mais j’ai l’habitude, je me connais je sais qu’au bout d’un km ça ira déjà mieux mais que ça reviendra sur les derniers. Il y a beau y avoir plein de coureurs autour de toi, je sais que tu vas faire cette épreuve seul, car trouver quelqu’un qui court à mon rythme c’est un peu comme chercher mon sac de transition sans avoir le numéro. Je vais parfois rattraper des personnes, je me ferai aussi doubler. Il y aura aussi toutes ces personnes qui vont marcher, cramper, s’arrêter. C’est à la fois boostant de se dire qu’on continue d’avancer, mais à la fois décourageant

Pourquoi est-ce que je ne marcherai pas moi aussi ?

Peut-être qu’un jour ça m’arrivera, et que la fois d’après je puiserai au fond de moi, que je prendrais toute l’énergie dans les encouragements autour de moi et peut-être que je m’épaterai aussi.

Peut-être que toi aussi tu t’épateras. 

Tu t’épateras d’être là, d’avoir encore les jambes et l’énergie d’avancer, de continuer malgré tout ce que tu as fait avant !

Comment ne pas sourire ?

Comment ne pas aimer ce sport qui te fait passer par tous les états ? Comment ne pas penser qu’il y a quelques heures /minutes tu nageais dans le lac ? Qu’il y a quelques instants tu grimpais un col ? Tu auras peut-être la boule au ventre, l’envie de pleurer, l’endorphine et le sourire niais, le sentiment d’être épuisé, d’avoir froid, chaud, soif, mais tout s’envole quand tu vois cette foutue ligne d’arrivée,celle dont tu as tellement rêvé. Elle est devant toi, tu sais bien que plus rien ne pourra t’empêcher de la franchir, c’est ton moment à toi, toutes ces heures d’entraînements récompensées. Tu l’as fait.

S’il vous plaît, ne faites pas un IronMan pour rajouter une ligne sur votre CV ou une photo finisher sur votre insta, faites-le parce que ça vous prend aux tripes et que tous les matins vous vous levez pour ça.

Posted by:Lorena Rondi

Run 👟 Swim 🏊 Bike Road to Ironman Nice 70.3

Une réponse sur « Triathlon, mon amour. »

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