Ce que j’aime à la SaintéLyon c’est l’ambiance, l’atmosphère, les conditions. Car on ne va pas se mentir, faire ce trail de jour en plein été n’aurait certainement pas ou peu d’intérêt. Ce qui fait son charme c’est ce départ de nuit, toutes ces frontales dans la forêt, la boue, la pluie, les villages très peu éclairés que l’on traverse, les personnes qui nous encouragent à minuit sous leurs ponchos. Les feux de bois au bord de la route. Il faut le vivre pour comprendre pourquoi on y retourne.

Après avoir fait le format SainteSprint en 2017, je n’avais qu’une envie y retourner, alors pas forcément pour augmenter la distance, ce que font la plupart des inscrits, mais pour revivre cette expérience ! Parce qu’on va pas se mentir, même si l’effort en trail est souvent « minimalisé », 44km ça ne se fait pas tout seul, et quand je vois la prepa que j’ai dû faire pour mon marathon, je ne me voyais pas me lancer ce genre de défis en étant encore moins bien préparée alors que j’allais y passer bien plus de temps !

Et puis ça me plaisait de me relancer sur le même format (avec quelques kms en plus : 24km pour 500m de D+), de faire une compétition en étant un peu plus sereine tout en me challengeant ! Il n’y a pas que la distance qui nous fait sortir de sa zone de confort, faire ce genre d’épreuve en essayant d’améliorer son chrono peut-être tout aussi challengeant et cette épreuve me l’a encore plus confirmée !

SainteLyon – L’avant course à l’Ibis Hôtel

Arrivée à Lyon vendredi soir, on profite de notre samedi pour se reposer et faire des réserves. On a été accueilli à l’Ibis Hotel, qui propose une offre Ibis Sport que je ne connaissais pas et qui est ultra avantageuse et pratique pour accompagner les sportifs sur leur hébergement pendant leur compétition :

  • Il y a des réductions sur les chambres si vous présentez un justificatif de compétition
  • Les petits-déjeuners sont des buffets à volonté et ultra équilibrés (des œufs, du jambon, pain complet, fruits, laitages, madeleines, crêpes, muesli, etc !) je me suis rarement autant régalée dans un hôtel !
  • On a la possibilité de rendre la chambre tard à 17h ce qui facilite la logistique pour pouvoir laisser les affaires et surtout pouvoir se doucher après une course !

Clairement grâce à Ibis Sport on était dans les conditions idéales pour que tout se passe bien !

Sainte Sprint : avant le départ

Après une bonne pasta party à l’hôtel, nous rejoignons les navettes vers 21h. On va pas se mentir on se les caille ! On embarque dans les navettes qui nous emmèneront à notre point de départ à Soucieu en Jarrest ! Ca envoie du rêve ! L’avantage c’est que contrairement à ceux qui prennent le départ de la 44km, nous avons un grand gymnase pour attendre au chaud avec même quelques ravitos, on ne manque décidément de rien. On attend une bonne demi-heure puis on se décide à sortir, on laisse notre sac supplémentaire (avec les affaires chaudes pour le trajet) dans le camion et on se rend en trottinant au départ qui est à peu près à 1km. Je me rends vite compte qu’il fait moins froid que prévu, je réajuste mon équipement, j’enlève les gants, j’entrouve la veste. L’ambiance au départ est magique, l’arche est sublime, il y a du monde pour nous encourager et il y a aussi énormément de participants c’est impressionnants ! On allume nos lumières, et bam la mienne me refait défaut, j’avais pourtant vérifié qu’elle marchait avant… heureusement j’en ai une deuxième mais qui éclaire moins bien, tant pis.

SainteSprint – Top départ !

Le départ est donné, on passe les premiers 500m à piétiner… Bon sang promis en 2020 j’apprends à bien me placer dans le SAS. On est 3 à partir ensemble  donc on décide d’accélérer quitte à slalomer, je sais d’avance que si on est bloqué dès le départ ce sera encore pire sur les single donc pas le choix ! Je rattrape l’allure, j’ai chaud et je commence à regretter mes 2 couches (en même temps j’ai l’impression que tout le monde est encore plus couvert que moi !) Les premiers kms sont « faciles », ça monte un peu, ça descend pas mal, comme j’aime ! Je m’accroche pour tenir l’allure en me disant que je vais récupérer en descente.

En descente je lâche littéralement les chevaux, j’ai aucune retenue, je fais confiance à mes salomons qui m’évitent pas mal de gamelles mais j’avoue je m’éclate !

Ça me permet de suivre mes acolytes qui me distancent en montée. On passe par des villages isolés, je suis surprise du nombre de supporters que l’on croise, ils ont parfois la musique, leurs plaids et nous encouragent de vive voix. J’adore cette ambiance !

Dans les bois, le sol est complètement gorgé d’eau, on glisse. Il y a deux ans tout était gelé, je vois la différence, et je ne regrette pas cette fois-ci d’avoir mis de vraies chaussures de trail.

On arrive au 7ème km, déjà un tiers de fait j’en reviens pas, ça passe tellement vite, il faut dire que ça occupe de voir où on met les pieds. Je me sens vraiment fraiche, alors je décide d’accélérer, au 9ème km on se prend la première grosse patate, j’essaye de courir tant que possible, j’ai envie de vivre ce trail à fond et d’avoir le sentiment d’avoir tout donné. Par moment forcément je marche et j’en profite pour boire et m’alimenter. Je relance sur les faux plats montants, je suis avec des hommes qui ont à peu près mon niveau, donc c’est motivant, on relance et on se motive ensemble.

J’adore voir la file indienne de frontale, comme une guirlande qui s’étire, on ne voit pas le paysage, mais on sait d’avance grâce à ça si ça va monter ou descendre. Il y a un côté un peu féérique et c’est pour ça que j’aime autant cette course.

12ème km, le ravito, dans ma tête je me dis « t’arrêtes pas tu as ce qu’il faut tu t’arrêteras au prochain », alors j’en profite je fonce, jusqu’à ce que 500m plus loin je réalise, « mais le prochain c’est à l’arrivée ! »  J’ai cru que j’étais partie pour un ultra ou quoi ?

Bon il va quand même falloir faire gaffe pour l’eau. Juste après le ravito, au 14ème km on attaque une nouvelle patate, plus courte mais bien plus pentue, je me fais doubler par une groupe de 3 nanas, ça m’incite à trottiner pour ne pas me faire distancer. Elles ont l’air de jouer la compet entre elles, ça peut me motiver aussi ! J’essaye de les suivre, on retourne dans les bois, les flaques d’eau sont immenses, il se met à pleuvoir, il y a des ruisseaux qui coulent sur les chemins. Les gens s’arrêtent devant une énorme flaque d’eau, et là c’est le drame, les gens traversent et ont de l’eau jusqu’aux genoux. Punaise j’ai jamais vu ça. Pas le choix, les côtés sont impraticables, je mets les pieds enfin les jambes !) dedans !

L’eau froide s’infiltre dans les chaussures, vraiment pas la meilleure sensation du monde. A partir de ce moment plus personne essaye de contourner quoique ce soit, trempé pour trempé, on ne fait plus les fragiles !  

On continue de courir avec l’eau dans nos chaussures, la course prend un tout autre aspect, il pleut, j’ai transpiré et je suis trempée. Je commence à avoir froid. Je pense à tous ceux qui sont sur le format long et qui vont devoir passer ici aussi, je me dis que j’ai vraiment bien fait d’être raisonnable. Heureusement ça redescend pas mal sur cette partie, c’est étrange mais j’ai l’impression que mes pieds « sèchent ». Je me rends compte de ça au moment où une nouvelle flaque est devant nous et nous oblige une nouvelle fois à nous tremper jusqu’aux genoux. Argh.

On arrive au 18ème km, je commence à avoir envie d’en finir et d’être au sec mais je me souviens qu’il y a une sacrée montée qui nous attend…. Le petit bonus c’est qu’en plus on fait un détour cette année avant d’y accéder.

Nous y voilà, il pleut, il est minuit passé, je suis trempée en train de courir à m’en brûler les cuisses sur une côte.

Mais des gens sont là, sous les parapluies à nous encourager, ça me fait tellement de bien, on s’encourage avec les autres participants, je rattrape le groupe de 3 nanas dans la bosse. « Allez Lorena accroche toi ! ». Punaise je me souvenais pas qu’elle était si longue cette côte, le plus dur c’est de relancer après.

Mais c’est ce que j’aime dans les formats de trail « court », soit ce sont les muscles soit c’est le cardio qui est sollicité,  et faut jongler entre les deux pour garder de la vitesse et de l’allure, sans ce cramer sur la distance, j’adore ça !

On arrive au bout, une belle descente et encore quelques montées dans les bois et on arrivera bientôt sur le bitume. Plein de virages dans tous les sens sur des single, une de mes parties préférées. Malgré l’heure tardive il faut rester concentré, bien regarder dans le cercle éclairé par notre frontale où nous allons mettre les pieds. C’est parfois risqué avec la vitesse de la descente on ne maitrise pas tout, mais c’est le jeu, faut prendre des risques avoir les pieds le moins de temps au sol possible pour limiter la glissade, j’adore.

On traverse un parc, je commence à manquer de jus, je laisse filer les 3 nanas, on arrive dans les escaliers, encore un effort de concentration pour ne pas finir les 4 fers en l’air, l’avantage c’est que j’ai l’air d’avoir moins mal aux jambes que les personnes qui les descendent en marchant.

C’est parti pour le détour interminable sur les quais qui se finissent par… des escaliers ! Joie intense ! On arrive sur le pont, l’arrivée n’est plus très loin mais je me souviens en 2017 de l’immense détour pour y arriver, je garde ça en tête sauf qu’à ma montre j’ai déjà 23km… Allez peut-être que cette année on va y arriver directement… Je tiens l’allure prête à exploser en plein vol, bon sang ça ne finit jamais, on tournicotte dans tous les sens, jusqu’à ce moment magique, j’entre dans la Hall, il y a du monde de chaque côté à applaudir, encourager, Edouard est là et ne me voit à peine, il a l’air surpris que j’arrive si tôt aha !

Je franchis la ligne d’arrivée de ces 24km (coucou le km en rhab) 500m de D+ en 2h23. Je n’aurai pas pensé possible tenir l’allure 10km/h sur un terrain si boueux avec autant de dénivelé ! Quelle joie !

Je découvre avec émotions que je termine 29ème Femmes sur 968 participantes, et 289ème sur 2447 participants !

 Une course que je recommande encore une fois ! L’ambiance est vraiment unique, les conditions sont jamais les mêmes et c’est un format qui permet de se faire plaisir tout en se dépassant. J’y retournerai avec plaisir 😊  

Publié par :Lorena Rdi

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